"DOC." du n°60
(07/2004)
Expert .
Jean-François Brun (de l'Académie
de Philatélie)
Texte extrait du dernier numéro FFE,
revue de l'AIEP.
Cette revue annuelle est consacrée aux faux et falsifications.
http://www.aiep.net .
"Personne dont la profession consiste à reconnaître l'authenticité et à apprécier la valeur de certains objets d'art, pièces de collection" (Dictionnaire Robert).
"Un expert c'est celui qui a fait toutes les erreurs qu'il est possible de faire dans un domaine restreint" (traduction libre). Niels Bohr, physicien Danois (1885-1962).
"Errare humanum est, perseverare diabolicum".
1. Un expert, c'est celui qui fait des expertises. Faire une expertise c'est
donner son avis, par écrit, sur un timbre ou une lettre que l'on n'a pas vendu.
2. L'expert perçoit des honoraires pour la rémunération de son travail.
3. L'expertise, c'est un métier.
4. L'expert c'est celui qui sait ce qu'il doit voir ; le collectionneur, lui, regarde mais ne sait pas voir.
5. L'expertise c'est à la fois la méthode et l'ensemble des techniques permettant de définir, avec précision, l'état civil d'un timbre ou d'un lettre.
6. L'expertise n'est pas une science, c'est un art, comme la médecine. Le médecin, comme l'expert, s'appuie sur des notions scientifiques et utilise du matériel.
7. Un bon expert c'est celui qui se trompe un peu moins souvent que les autres.
8. Un collectionneur, un spécialiste, un négociant ne sont experts que s'ils pratiquent l'expertise. Il ne faut pas confondre connaisseur et expert.
9. Un certificat délivré par le vendeur est une facture, ce n'est pas un certificat d'expertise.
10. Ce n'est pas parce qu'une lettre est conforme aux lois postales qu'elle est authentique. Ce n'est pas parce qu'une lettre n'est pas conforme aux lois postales qu'elle est fausse.
11. Baser une expertise sur des «points de repères» est l'erreur commune des débutants et de ceux qui ne sont pas experts.
12. De deux timbres au graphisme absolument semblable l'un peut être authentique et l'autre faux : les imitations de Sperati peuvent être planchées. Deux timbres au graphisme différent peuvent être tous les deux authentiques : tous les timbres de la première émission de Nouvelle-Calédonie sont différents, les 15 timbres d'un bloc report de l'émission de Bordeaux ou les 40 timbres de Rayons de Suisse, présentent des caractéristiques distinctes, c'est ce qui permet de les identifier dans un report ou dans une feuille.
13. On peut prouver qu'un timbre ou un document est faux ou falsifié ; il est plus difficile de prouver qu'il est authentique. Le propriétaire d'un timbre est toujours persuadé de son authenticité, il est parfois impossible de le convaincre avec des arguments philatéliques.
14. Il est facile de montrer, à l'aide de croquis ou de photos, qu'un timbre ou qu'une lettre sont faux, sauf à celui qui a acheté ou qui veux vendre.
15. Devant la projection d'images agrandies et commentées de timbres faux, tout le monde est expert. Ou croît l'être.
16. Les moyens modernes, scanner et ordinateurs, permettent de fabriquer ou de transformer facilement des lettres, même de faible valeur.
17. C'est une erreur de penser que seuls les timbres et les lettres d'un certain prix peuvent être des faux. Il existe des faux de très faible valeur.
18. Un photocopieur et une règle graduée sont souvent des outils suffisants pour mettre en évidence une falsification.
19. Les catalogues de ventes, les ouvrages spécialisés font partie de la documentation d'expertise, à condition que ces documents soient fiables.
20. Un expert peut se tromper; les connaissances évoluent, des découvertes sont régulièrement faites. Une expertise n'est jamais définitive. Au bout de quelques années, il faut soumettre lettres et timbres à une nouvelle expertise.
21. La plupart des erreurs en matière d'expertise ne sont pas dues à un manque de connaissance de l'expert, ce sont des erreurs psychologiques et non des erreurs techniques.
22. L'expert qui croit tout savoir est un homme dangereux.
23. Si un expert dit : "je ne sais pas" ou quelques termes similaires, c'est qu'il fait son métier sérieusement.
24. Les honoraires d'expertise sont, généralement, basés sur les résultat; un expert n'a aucun intérêt financier à déclarer un timbre ou un document faux.
25. Rien n'est plus facile que de mettre en exergue les erreurs des experts ; mais pense-t-on aux services qu'ils ont rendus, aux faux dont ils ont empêché la vente ? Ce sont souvent ceux qui n'ont pu le faire à cause d'eux qui les dénigrent le plus.
Texte joint au n°
60 de Phil' Flash (07/2004)
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