"DOC." du n°
18 (12/2000)
La médecine et la Poste
"LES TROUVAILLES DE ROBERT
ABENSUR"
Robert Abensur (de l'Académie de Philatélie).
Le Manuel Postal d'Adrien Frault, Receveur des postes à Paris (7 éditions de 1879 à 1907) était un gros ouvrage proposé à titre onéreux aux agents des postes qui désiraient parfaire leur travail quotidien. Il reprend sous un format et un abord pratique l'ensemble de la réglementation postale en vigueur.
C'est bien sûr un ouvrage utile pour comprendre l'histoire de la Poste même s'il comporte souvent des interprétations voire des critiques qui ne semblent engager que l'auteur.
Il comporte un "Dictionnaire d'affranchissement" dont j'extrais le passage ci-après qui concerne un affranchissement au tarif des échantillons. Cette fois-ci et, contrairement aux cas des boites de sardines précédemment traité, il n'est plus question de vérifier le contenu de l'envoi et ce en complète contradiction avec la réglementation. Vous comprendrez rapidement pourquoi.
L'Administration a été saisie de la
question de savoir si des flacons renfermant des fausses
membranes diphtériques que les médecins et chirurgiens
adressent à l'Institut Pasteur, à Paris pouvaient être
admis à circuler dans le service des postes au tarif des
échantillons.
Il résulte des renseignements fournis, notamment par l'Académie
de Médecine, que ces membranes peuvent sans aucun danger,
être transportées par la poste, à la condition que les
flacons qui les contiennent soient hermétiquement fermés
et soigneusement emballés.
En conséquence, les envois de fausses membranes diphtériques
peuvent exceptionnellement être reçus dans le service
mais aux conditions expresses suivantes :
1° Le flacon contenant les membranes doit être en verre
épais, fortement bouché et cacheté à la cire ;
2° Il doit être inséré dans une boîte en métal
solide après avoir été entouré dune couche d'ouate
suffisamment épaisse ;
3° Cette boîte métallique doit elle-même être placée
dans une seconde boîte en bois parfaitement close ;
4° Chaque envoi doit porter, dune manière très
apparente, du côté de ladresse, les mots : "Fausses
membranes diphtériques" ;
5° Enfin les envois de cette nature ne peuvent être
adressés quà lInstitut Pasteur, à
Paris, ou à des laboratoires notoirement connus dans
les départements.
L'ensemble de ces mesures qui doivent être
strictement observées, offre, de lavis même de l'Académie
de médecine, une complète sécurité contre les
accidents.
Si, dailleurs, dans la pratique, quelque doute ou
quelque difficulté que ce soit vient à se produire, il
doit en être immédiatement référé à lAdministration.
Mais il ne faut pas confondre les envois de fausses
membranes diphtériques avec les envois de sérum
antidiphtérique. Cette substance, absolument
inoffensive, peut légalement circuler par la poste
J'espère ne pas vous avoir trop coupé l'appétit. Mais imaginez les sueurs du brave facteur chargé de distribuer l'Institut Pasteur. L'Académie de Médecine a beau avoir statué, on ne sait jamais. Croyez-vous que le "principe de précaution" tant prôné par nos gouvernants actuels permettrait une telle décision ?
(Ce texte figure aussi dans "Phil' Flash" n° 18)
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