"DOC." du n° 15 (11/2000)


L'alimentation et la Poste (4)
Robert Abensur (de l'Académie de Philatélie).

 

Dans un précédent Philflash j'évoquais la taxation comme lettre des boîtes de sardines envoyées au tarif des échantillons, instituée en juin 1902. Le prétexte avancé par l'Administration était l'impossibilité de vérifier le contenu des dites boîtes comme si elles pouvaient contenir une quelconque et bien huileuse correspondance !

Après une "intense" recherche, j'ai pu découvrir la très rapide réaction du commerce, dans le Bulletin des Postes de décembre 1902, que vous attendiez certainement avec impatience.

En voici quelques extraits :
"Monsieur le Directeur, l'attention de l'Administration a été appelée tout spécialement sur l'intérêt qu'il y aurait à édicter une réglementation qui fit cesser les difficultés que rencontre actuellement le commerce des conserves alimentaires, pour expédier par la poste des conserves renfermées dans des boîtes en fer-blanc soudées ou serties.
Après examen, il a été reconnu que les envois en question étaient assimilables aux échantillons de produits industriels qui peuvent être scellés au moyen de bandes, étiquettes ou cachet portant la marque de fabrique et servant à attester la propriété du fabricant, sans perdre le bénéfice au tarif réduit.
D'autre part, l'Administration a considéré que, si les boîtes de conserves ne pouvaient pas circuler à découvert dans le service sans risquer de compromettre la sécurité des autres objets de correspondance, il n'y avait aucun inconvénient à les admettre, dès l'instant qu'elles seraient renfermées dans des boîtes en bois, en cuir ou en carton solide, garnie de sciure de bois de coton ou de matière spongieuse en quantité suffisante pour absorber le liquide en cas de rupture, de fuite ou de suintement.
Je vous prie d'inviter immédiatement tous les agents de votre département à accepter…."

Les conserves du début du siècle manquaient manifestement d'étanchéité !
La taxation des boîtes de sardines est rare puisqu'elle n'a duré que quelques mois et si quelque exemplaire graisseux vous tombe sous la main n'hésitez pas à le signaler ! Malgré tout, si vous ne découvrez qu'une lettre de 1902 tachée et sentant un peu le poisson c'est sûrement celle qui a voyagé en compagnie de la boîte de sardine taxée…

(Ce texte figure aussi dans "Phil' Flash" n° 15)


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